3.4.09

Vingt mille lieues... ou beaucoup moins

Notons deux types d'évasion majeures.

La grande tout d'abord. Celle qui fait plier bagages, prendre l'avion, décaler parfois même les horaires. La grande évasion prend et avale tout entier qui veut se laisser faire, loin des habitudes du quotidien.

Et la petite évasion. Moins remuante de prime abord mais pleine de vertus tout de même. Celle qui ne nécessite qu'une poignée d'heures calées entre deux journées de labeur.

Hier, je me suis petit-évadée au forum des Images, dans le cadre du Festival Nemo, rendez-vous des nouvelles images et de la création multimédia pour deux séances : un Panorama International, florilège de films courts, ludiques, poétiques, touchants ou drôles. Certains séduisent, d'autres intriguent, quelques uns touchent moins et si les sentiments varient selon la sensibilité du spectateur lorsque les lumières se rallument, aucune trace de déception sur les visages. Puis AntiVJ, une performance live, musique + projection 3D ... et gros ratage. Outre des problèmes techniques majeurs, la prestation visuelle manquait d'intérêt.
Parfois, même lorsque l'on s'évade très loin, la déception peut être au rendez-vous, la visite foirée.
Le Festival Nemo a au minimum 2 immenses mérites : son accès gratuit dans la limite des places disponibles et le bien qu'il fait à l'imagination. Un événement dont on ressort transporté dans d'autres dimensions.
Allez-y - mais pas tous, j'ai horreur quand c'est bondé ! -, évadez-vous.

11.3.09

Inventaire

Investissement: 3 "premières parties", 1 bon petit bidon, 2 danseuses en tutu, 2 violonistes, 1 violoncelliste, 1 ex-membre de Blur, 4 musiciens divers et variés, 1 Union Jack, 1 rappel libertino-shamblesque.

Butin: 3 soutiens-gorges, 1 veste en jean, 2 colliers, 1 bague, 1 Union Jack, 2 disques, un lapin (mock).

Bilan: public incontestablement satisfait. (et Pete D. fin prêt pour une brocante.)

Where is Brian the Baron?

9.3.09

I saw desserts;I'd no lemons,alas no melon. Distressed was I

Le Premier post du Professeur est une declaration d'amour à un site, del.icio.us, qui a fait ses delices depuis bientôt 5 ans.

Quelques perles qui'il a delivré:

Jim Kalb's Palindrome Collection: les palindromes et les anagrammes sont le sujet de conversation idéal entre un lingüiste et un mathematicien, et sur ce site on en trouve de magnifiques.

Drum Set: Avec ça plus besoin de playlists pendant les soirées. wwiqqqi wwiqqqi!!

scanwiches: Il y en a qui regardent des jolis animaux tous les matins, moi je regarde des sandwiches, so what!

This is why you are fat: Tu culpabilises parce que tu manges un kebab un soir sur deux? Place aux champions du dietetique.

Mais de rien



Merci. Il est un nouveau lieu parisien qui a l'odeur de la Chine Impériale et la saveur d'un moëlleux cake noix-noisettes. Merci. A ceux qui croiraient que je divague, détrompez-vous, ces mots sont la limpidité même.
N'écoutant que leur curiosité téméraire, le Baron et le Docteur se sont rendus ce week-end au 111 boulevard Beaumarchais dans le 3ème arrondissement, à la découverte d'un concept store ouvert la semaine même. Merci. Non, ce n'est pas un tic de langage mais bien le nom de l'endroit en question.
Un lieu magnifique même pour ceux que la mouvance bobo exaspère.
Installé dans un bel immeuble du XIXème siècle, coincé entre une cour pavée et un jardin et autrefois occupé par les maisons de tissus Frey, cet espace de 1 500 m² avec 10 mètres de hauteur sous plafond, est de toute part inondé de lumière par une somptueuse verrière. Il se découpe en plusieurs espaces dont un fleuriste et un café littéraire qui ont pignon sur boulevard.
Et à ceux qui ne seraient toujours pas séduit ou qui n'auraient pas même l'envie d'aller y jeter un oeil, prétextant dédaigneusement qu'il ne s'agit que d'un énième buzz marketing dans un trop bel écrin, il faut souligner que Merci a la particularité d'être un concept store solidaire : l'ensemble des bénéfices est reversé à une fondation aidant les femmes et les enfants malgaches. Y acquérir une robette Vanessa Bruno ou un parfum Annick Goutal deviendrait donc une bonne action.

1.3.09

Nnniéééé ??

Petite citation extraite de Dreams from my Father, autobiographie de Barack Obama (1996).
Celui-ci raconte sa première visite du Kenya, pays de son père. Alors qu'il observe le paysage pendant un safari, il divague:

"And I thought to myself: This is what Creation looked like. The same stillness, the same crunching of bone. There in the dusk, over that hill, I imagined the first man stepping forward, naked and rough-skinned, grasping a chunk of flint in his clumsy hand, no words yet for fear, the anticipation, the awe he feels at the sky, the glimmering knowledge of his own death."

Je sursaute, je sursaute mais peut-être suis-je trop terre-à-terre?

Image from Bizarro
via Stranger Fruit

28.2.09

Une affaire de perspective

C'est un fait, chacun ses spécialités. La pédiatrie, le poulet basquaise, le point de croix... Chacun son ou ses domaines de prédilections. L'Afrique n'est pas le mien. Entendons-nous bien, je n'ai rien contre, j'aurai même tout pour (ah ! ces formules toutes faites que l'on utilise afin d'être sûr du politiquement correct, comme ici, tandis qu'elle ne veulent rien dire au fond... Mais c'est un autre débat, je reviens vers vous - SIC !), seulement mes inclinations naturelles ne me font pas pencher en direction de ce continent.

Et puis, happée par un chemin de traverse, mon attention vers lui fut récemment attirée. Ce chemin fut la Fondation Cartier Bresson et la photographie de Guy Tillim. Après une série de visites dédiées à la photographie de l'Amérique du Nord, très en vogue cette saison à Paris semble-t-il (pour ne citer que quelques noms l'américain Walker Evans, sa compatriote Lee Miller -ouais, bof- et le suisse Robert Frank), c'est l'Afrique qui s'expose à travers le travail de M. Tillim : Avenue Patrice Lumumba et Jo'burg .


La seconde série est celle qui m'a réellement interpelée. Tillim se sert, avec brio, de son appareil comme d'un témoin de la réalité sociale de l'Afrique d'aujourd'hui. Jo'burg me toucha davantage, peut-être à cause du fait que je n'avais pas en tête l'image de l'Afrique du Sud qu'il représente ici. Même si elle n'en est qu'une infime partie, je me dois d'avouer que je ne l'avais pas imaginée. Quand la photographie ouvre le regard...


Alors certes, le travail de retouche réalisé par le photographe est somme toute important, même pour des non-initiés, mais à ceux qui ne seraient pas convaincus, je rétorquerais que le grain et la lumière sont les outils de Tillim afin de mieux faire passer son message et de mettre ce dernier au mieux en exergue.



Jusqu'au 19 avril 2009 à la Fondation Cartier-Bresson, plus d'information :